Tribune Libre : la traçabilité tout au long de la supply chain

» News » Avis d'expert » Tribune Libre : la traçabilité tout au long de la supply chain

Trois questions à Fabrice Lebret, responsable avant-vente chez DDS Logistics, sur la traçabilité tout au long de la supply chain.

Trois questions à Fabrice Lebret, responsable avant-vente chez DDS Logistics, sur la traçabilité tout au long de la supply chain.

Visibilité et traçabilité des flux tout au long de la supply chain : Pourquoi est-ce si important aujourd’hui ?

Le e-commerce a créé de nouvelles attentes de traçabilité des flux B2B : nous ne nous sommes plus uniquement dans une logique de maîtrise ou d’optimisation des coûts de transport. Nous sommes entrés dans une logique d’amélioration de la visibilité sur les flux, internes ou externes.

Et de nombreux bénéfices émanent de la mise en place d’un système de traçabilité amont et aval pour les industriels et les distributeurs : qualité de service client, identification rapide des aléas sur l’ensemble des chaines de production et de transport, réponse aux contraintes réglementaires, de plus en plus strictes et nombreuses.

Quel est l’intérêt à mettre en place une traçabilité d’approvisionnement et de production ?

Une multitude d’intervenants coexistent sur cet aspect de la chaîne : fournisseurs, compagnie d’inspection, agents, organismes d’état….
La traçabilité y est donc essentielle mais aussi plus complexe. Ces dernières années, plusieurs exemples ont démontré la nécessité d’une bonne traçabilité de lots. Elle permet, en cas de problème, de pouvoir identifier immédiatement l’ensemble des flux associés aux produits à partir d’une référence lot disponible dans un réseau de distribution. A défaut, tout un ensemble de période d’expédition doit être retiré en appliquant un principe de précaution souvent large et coûteux.
La traçabilité offre également une transparence accrue sur les usines et permet de remonter l’origine de la production (sites, audits). Aujourd’hui, des produits finis sont commandés à des usines à travers le monde, il est donc nécessaire d’avoir une traçabilité sur les fournisseurs, les usines et sites de production. Cette traçabilité peut également s’exercer auprès de fournisseurs de rang 2 pour maîtriser l’approvisionnement en composants du fournisseur assembleur. La traçabilité offre cette réactivité et permet d’être plus réactif, d’annuler une commande, d’arrêter un cycle de production, de faire ré inspecter ses produits ou bien encore de modifier un process d’ingénierie… De bout en bout de la chaine, elle améliore ainsi la protection du consommateur. objets connectés.

La traçabilité logistique représente elle aussi un point différenciant ?

Effectivement, la traçabilité joue également un rôle important sur les phases de transport amont et aval. Un flux de produits tracé amène de nombreux bénéfices : facilitation des réceptions en entrepôts, détermination immédiate du stock flottant, information aux destinataires, amélioration de la planification, facilitation des inventaires et des retraits…

L’enjeu étant de plus en plus de pouvoir combiner les 2 traçabilités production et transport pour remonter l’ensemble de la chaine sur base d’un défaut produit signalé par un intervenant du process.
Ces besoins de traçabilité poussent également l’entreprise à évoluer technologiquement. Objets connectés, RFID, geofencing, application mobiles, portails collaboratifs… toutes ces technologies permettent de tracer depuis la fabrication chez le fournisseur jusqu’au passage en caisse.
Aujourd’hui, nous constatons que tout nouveau projet de systèmes d’informations supply chain comporte un chapitre sur la connectivité, l’EDI, la visibilité, la traçabilité. Cela est devenu indispensable, et nous voyons même des projets de traçabilité logistique poussés par le marketing ou le service client.
Et pour avoir une vue complète de sa supply chain, aussi morcelée ou complexe soit-elle, il est nécessaire de s’appuyer sur des systèmes. La traçabilité fait partie de ceux-là même si quelques limites subsistent encore : son coût d’entrée qui tend néanmoins à se démocratiser avec le déploiement d’offres SAAS, la nécessité d’avoir son écosystème partenaire production / transport en mesure de gérer ces aspects, mais aussi les questions de protection du consommateur (une étiquette RFID sur un vêtement ne se désactive pas spontanément) ou bien encore un manque de maturité de certains sujets prometteurs en logistique notamment les objets connectés.